Le 3 juillet 2023, après des émeutes qui avaient embrasé le pays, nous nous tenions déjà ici, à midi, devant notre maison commune, pour exprimer notre indignation et notre solidarité.
Je vous pose une seule question : que s’est-il passé depuis ?
Rien.
Rien n’a avancé. Rien n’a bougé. Aucune mesure d’ampleur n’a été prise. Et notre pays semble chaque jour un peu plus démuni face à ces phénomènes qui se répètent, s’amplifient, et s’installent.
Alors je le dis clairement en tant que Maire de Grasse, mais également en tant que Président de l’association des maires des Alpes-Maritimes : les paroles ne suffisent plus. Les discours, les communiqués, les vidéos, les minutes de silence, les déclarations faussement martiales à la sortie des conseils des ministres : tout cela est inutile et pas à la hauteur de ce que nous vivons aujourd’hui.
Nous n’attendons plus de déclarations. Nous attendons des actes. Des actes clairs, assumés, et immédiats de la part de l’Etat.
Car ce qui frappe nos villes depuis des semaines n’a plus rien à voir avec ce que nous connaissions.
Hier, les émeutes se cantonnaient à des zones spécifiques que nous appelions pudiquement « les territoires perdus de la République ». Ils n’étaient pas moins graves, mais ces violences semblaient lointaines pour les autorités et la population qui se pensaient protéger dans les centres-villes. Mais aujourd’hui, le phénomène a complètement changé de nature et d’ampleur.
La violence s’est déplacée au cœur même de nos villes, jusque dans nos institutions. L’image de la mairie de Limoges livrée aux flammes a choqué tous les Français. Un symbole brûlé, une maison commune détruite : plus aucun endroit du territoire n’est préservé.
Autre phénomène complètement nouveau : les pillages et les vols commis dans les commerces. Parfois devant les yeux mêmes des commerçants qui ont parfois mis des années à construire ce qui a été détruit en quelques secondes.
Mais les exactions ne se sont pas arrêtées là. Des images effroyables tournent sur les réseaux sociaux avec des bandes qui n’hésitent plus à s’introduire chez des particuliers, à s’attaquer aux habitants eux-mêmes, dans leurs foyers.
Nous avons franchi un seuil qu’aucun pays européen n’avait encore franchi.
Alors aujourd’hui, n’ayons pas peur des mots.
Ces émeutes sont le fait d’éléments d’extrême gauche, encouragés par LFI, dont les responsables ont tenu, une nouvelle fois, des propos scandaleux. Des propos d’incitation, de complaisance, de démission morale. À ces groupes organisés s’agrègent des délinquants venus des banlieues, qui trouvent dans le chaos l’occasion de piller et de détruire.
Voilà la vérité. Elle doit être dite. Elle doit être assumée.
Et j’entends déjà les explications commodes : la précarité, la colère lycéenne, la vie chère…
Je le dis ici, solennellement : aucune cause ne justifie les images que nous voyons depuis des semaines. Aucune.
Aucune prétendue injustice sociale n’autorise à brûler une école. Aucune colère n’autorise à piller un commerce. Aucun sentiment de relégation n’autorise à s’introduire chez des familles.
Le devoir de l’Etat, c’est de protéger. Protéger les biens, protéger les personnes, protéger tous ceux qui font confiance aux forces de l’ordre et à la justice pour sanctionner les coupables. C’est sa première responsabilité, et elle est entière.
Je tiens d’ailleurs à témoigner mon soutien total à tous les agents mobilisés sur le terrain : les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers.
Depuis des semaines, voire des années, ils affrontent la violence parfois, au péril de leur vie. Pour avancer, ils ont besoin de consignes claires, et d’un soutien sans faille des plus hautes autorités de l’Etat — pas des mots, des décisions. En attendant que ce soutien soit à la hauteur, qu’ils sachent une chose : ils peuvent compter sur le soutien des Français, des Maralpins, et de tous les Grassois.
Alors, ce midi, les maires de France disent : assez
Assez des débats interminables sur les causes. Assez de la compassion pour les casseurs. Assez de la culture de l’excuse.
Assez de devoir payer pour reconstruire des équipements saccagés par les mêmes personnes qui ont le culot de se plaindre du manque des moyens.
Nous demandons des actes. Des moyens pour nos forces de l’ordre. Des sanctions rapides, fermes, visibles. Et un engagement clair de l’Etat à ne plus jamais laisser une mairie, une école, un commerce livré à la violence.
Nous sommes devant notre mairie, notre maison commune. Elle est le symbole de l’unité de notre cité, et nous la défendrons, debout, ensemble.
Vive Grasse, et vive la France !





