A compter du 28 février prochain, deux chaînes privées vont disparaitre du paysage audiovisuel français à la suite d’une décision de l’ARCOM, validée par le Conseil d’État.
Cette suppression qui frappe notamment C8, première chaîne de la TNT, et prive des millions de téléspectateurs d’une offre audiovisuelle riche et diversifiée, est inédite dans sa forme et incompréhensible sur le fond.
Les motivations du gendarme de l’audiovisuel pour justifier cette censure sont en effet étonnantes, dans la mesure où il met directement en cause la ligne éditoriale et le contenu politique d’une émission.
Sans vouloir m’immiscer dans le débat sur l’existence ou non d’un parti pris sur la chaîne, qui pourrait par ailleurs être reproché à bien d’autres émissions télévisuelles, ou sur la qualité même du contenu présenté, j’estime qu’une démocratie digne de ce nom est grande lorsqu’elle encourage la diversité de la pensée et la liberté d’expression.
Ce n’est pas en supprimant les opinions que l’on nourrit le débat public mais en confrontant nos idées, dans le respect du dialogue et des convictions d’autrui, même si celles-ci sont antagoniques aux nôtres.
Mais au-delà de ces considérations, le retrait de ces fréquences a des conséquences brutales et concrètes sur le plan humain, puisque plusieurs centaines d’emplois sont directement menacés par cette décision.
Je soutiens pleinement les employés concernés, qui se retrouvent aujourd’hui dans l’incertitude, ainsi que tous les téléspectateurs fidèles à ces chaînes.
Devant ce précédent dangereux pour l’avenir de notre démocratie, nous devons plus que jamais être vigilants pour défendre la pluralité des médias et la liberté d’expression.