A la maison d’arrêt de Grasse en soutien à l’administration pénitentiaire suite au tragique évènement qui a couté la vie à deux agent pénitentiaires, en compagnie de Madame Claire DOUCET, la directrice de l’établissement, et des représentants du syndicat FO, Hervé SEGAUD et Laurent MARINO. Cette visite m’a profondément marqué et m’a permis de constater de près les défis auxquels sont confrontés nos agents pénitentiaires. Je voudrais tout d’abord avoir une pensée émue pour nos collègues tragiquement disparus, Fabrice MOELLO et Arnaud GARCIA. Arnaud, âgé de seulement 34 ans, avait commencé sa carrière ici, à la maison d’arrêt de Grasse en 2009. Sa compagne, enceinte de cinq mois, fait face à une perte incommensurable. Leur mort a créé un profond traumatisme dans notre profession, un traumatisme d’autant plus poignant que la dernière fois qu’un agent est mort en service remonte à 1992. Cette tragédie nous rappelle brutalement les risques auxquels nos agents sont exposés quotidiennement. Il est impératif que nous obtenions une augmentation radicale des moyens dédiés à l’administration pénitentiaire. Nous devons protéger nos agents de manière efficace. Lors de sa visite à la prison de Fresne, Monsieur BELLAMY a défendu plusieurs mesures essentielles : l’utilisation de visioconférences pour les comparutions des prévenus, l’anonymat des agents, l’autorisation du port d’armes longues et de cagoules, l’installation de vitres et de véhicules blindés, ainsi qu’une augmentation des effectifs et des formations. Ces propositions doivent être mises en œuvre sans délai pour garantir la sécurité de ceux qui veillent sur nous.
Cependant, il est également crucial de prendre du recul et de reconnaître l’augmentation alarmante du niveau de violence dans notre société. Les refus d’obtempérer multiples, les émeutes de l’été dernier, les attentats terroristes, et la délinquance quotidienne sont des symptômes d’un problème plus vaste. La réponse judiciaire et politique actuelle n’est plus adaptée pour faire face à cette explosion de la délinquance et du grand banditisme. Le Gouvernement a annoncé la construction de 15 000 places de prison d’ici 2027. Non seulement ce plan est insuffisant, mais il accuse un retard considérable puisque seulement 2700 places ont été livrées à ce jour. L’uniforme, autrefois symbole d’autorité et de respect, ne présente plus aucun caractère dissuasif. Les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre une véritable révolution pour que ceux qui représentent la France et l’État cessent de mettre leur vie en jeu à chaque intervention. En tant que maire, je m’engage à continuer de défendre les droits et la sécurité de nos agents. Nous devons leur fournir les outils nécessaires pour accomplir leur mission en toute sécurité et restaurer le respect et la sécurité dans notre société.