Depuis quelques mois, un mouvement de fond traverse la ruralité qui s’inquiète légitimement pour son avenir. Les chiffres sont éloquents : plus de 100 000 exploitations agricoles ont disparu ces 10 dernières années dans notre pays. Cette catastrophe humaine et sociale est la conséquence de plusieurs facteurs que nous devons avoir le courage de dénoncer avant de pouvoir envisager des solutions durables et pérennes. Nous connaissons tous le catalogue de normes exceptionnellement dense qui est aujourd’hui imposé à nos exploitants. La promotion, légitime et louable, d’une agriculture écoresponsable s’est en effet traduite par une inflation réglementaire dont le caractère, souvent excessif, a rendu le travail de nos fermiers, de nos cultivateurs, et de nos paysans, particulièrement complexe. A cette réalité s’est ajoutée la concurrence parfois déloyale de nouveaux produits arrivés sur le marché français qui ne respectent pas systématiquement les normes exigeantes prescrites à nos agriculteurs.
La guerre en Ukraine a aggravé tous ces phénomènes, en provoquant une explosion des coûts de production pour une grande partie du monde agricole. Le contexte économique est donc particulièrement contraint pour nos agriculteurs dont la situation n’a jamais été aussi précaire. A Grasse, nous n’avons pas attendu que la crise frappe le monde agricole pour agir concrètement en faveur de nos exploitants. La Municipalité a toujours été convaincue de l’importance de cette filière, qui participe à la préservation de nos paysages et de nos terroirs, en incarnant toute la singularité de notre magnifique territoire.
La culture de la terre demeure en effet une dimension importante de l’histoire de Grasse, devenue capitale mondiale de la parfumerie grâce au talent remarquable de ses cultivateurs et de ses obtenteurs. La défense de nos agriculteurs était également indispensable dans le cadre de la politique forte que nous avons souhaité déployer en faveur du développement durable, qui passe par la promotion des productions locales et des circuits courts. Parmi les principales mesures mises en œuvre, j’ai entrepris une démarche innovante en sanctuarisant dans le Plan Local d’Urbanisme 70 hectares de terre en zone agricole protégée. Avec cette initiative, nous soutenons en actes l’agriculture, et notamment la culture des plantes à parfum, en offrant aux exploitants de Grasse et de son pays des parcelles de terre supplémentaires.
En valorisant ce patrimoine olfactif unique, je souhaite préserver notre héritage historique, tout en stimulant l’économie locale. Cet attachement pour la naturalité se traduit par l’accompagnement des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et en accord avec la biodiversité locale. Le développement de l’écopaturage sur tout le territoire s’inscrit dans la même démarche, avec l’installation de moutons sur plusieurs parcelles qui permettent d’entretenir de façon écologique nos espaces naturels.
Je tiens à souligner le soutien indéfectible du Département des Alpes-Maritimes et de son Président, Charles Ange Ginesy envers les agriculteurs. Une collaboration fructueuse qui renforce les liens entre les collectivités et les hommes et femmes qui façonnent nos paysages. Je veux également saluer le travail remarquable mené par le Député François-Xavier Bellamy au Parlement européen pour porter la voix de nos agriculteurs. Son engagement est essentiel pour défendre cette spécificité française qui incarne l’âme de notre pays et fait la fierté de nos territoires. En continuant à unir nos forces au niveau local, nous relèverons ce nouveau défi pour être à la hauteur des enjeux écologiques et permettre à nos exploitants de vivre dignement de leur travail.