Mesdames, Messieurs les élus du Conseil Municipal, dont le Délégué aux Affaires Militaires et au Devoir de Mémoire,
Commandant Sonia RIGOUDY, représentant le commissaire de police et chef de la circonscription de sécurité de Grasse,
Capitaine Gérald BALANTI, représentant le commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de Grasse,
Major Yvan ROBERT, représentant le commandant de l’escadron de gendarmerie mobile de Grasse,
Commandant Olivier HEUSE, commandant la compagnie de Sapeurs-pompiers de Grasse,
Monsieur GILLIOT, représentant la Directrice de la Maison d’Arrêt de Grass,
Mesdames et Monsieur les Présidents des Ordres Nationaux et de la Médaille Militaire,
Mesdames, Messieurs les Présidents d’Associations du Monde Combattant et Patriotique, dont les associations de victimes de la déportation,
Mesdames, Messieurs les porte-drapeaux,
Chers Amis,
En cette matinée nous sommes réunis, comme tous les derniers dimanches d’avril, pour rendre hommage à toutes les victimes de la déportation, dans les camps de concentration et d’extermination nazis.
81 ans se sont écoulés depuis que le monde a découvert avec effroi, l’étendue de l’horreur qui s’est déroulée dans ces lieux de mort.
Des millions d’hommes, de femmes, et d’enfants ont été sacrifiés sur l’autel de la terreur parce qu’ils étaient juifs ou tziganes, parce qu’ils étaient combattants volontaires ou résistants, parce qu’ils luttaient contre le joug de l’oppresseur, pour retrouver cette Liberté si chère à nos cœurs.
Si la mort était méthodique et expéditive dans les camps d’extermination, elle était plus lente mais toute aussi inéluctable dans les camps de concentration.
La déportation a été un odieux crime de masse, elle a montré que l’Homme était capable du pire contre ses semblables.
Nous rendons hommage au courage et à l’héroïsme de toutes celles et de tous ceux, qui furent les victimes de ce crime contre l’humanité.
Face à cette horreur, ces hommes, ces femmes, ces enfants, ont trouvé la force de résister, de garder leur humanité et leur dignité.
Notre cérémonie a débuté avec le Chant des Marais, écrit par des déportés allemands.
Il est devenu l’hymne international des déportés, pour exprimer leur détresse et leurs souffrances, mais aussi pour exprimer la lueur d’espoir qui est restée éveillée en eux.
C’est cette étincelle qui leur a permis de lutter et de refuser l’anéantissement au-delà de la mort.
Sous la chape de haine et d’obscurité qui a recouvert la France durant les années d’occupation, d’autres lumières ont refusé de s’éteindre.
Alors que certains se rendaient complices de ces crimes odieux, d’autres se sont levés, et ont bravé tous les risques pour sauver leurs semblables d’une mort certaine : les résistants et les Justes parmi les Nations.
Un peu partout des réseaux se sont ainsi constitués, comme à Grasse avec le « Réseau Marcel ».
Si l’évocation de ce crime contre l’humanité nous affecte toujours autant, notre présence ici, devant ce Monument, est nécessaire pour démontrer notre inébranlable volonté de combattre l’oubli ou le négationnisme.
C’est un devoir envers le passé, mais c’est surtout un impératif du présent, et un engagement indispensable pour l’avenir, pour garder vivante la voix des victimes de la déportation.
Ces années sombres de notre histoire, nous rappellent combien une nation est fragile.
Installés dans nos certitudes, nous aimons à penser que nos institutions nous protègent de toute dérive extrémiste….
Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la multiplication des attaques contre nos valeurs humanistes et républicaines, sur la recrudescence d’actes antisémites, dont l’actualité nous donne hélas des exemples répétés.
Notre indifférence ferait sombrer à nouveau notre société, dans l’obscurité et dans la noirceur des sentiments extrêmes.
Car l’histoire est un recommencement, et si l’homme n’apprend pas de ses erreurs, il est condamné à les revivre.
Hommage aux victimes de la déportation !
Vive Grasse !
Vive la République !
Vive la France !

















